Vos données quittent probablement déjà le Canada — ce que la LPRPDE attend de vous à ce sujet
Si vous utilisez Google Workspace, Microsoft 365, un CRM américain ou pratiquement n'importe quel SaaS grand public, les données personnelles de vos clients franchissent la frontière tous les jours. Voici ce que la loi vous demande réellement.
Par Valdra Team
Voici un fait inconfortable que la plupart des entreprises canadiennes n'ont pas pleinement assimilé : les renseignements personnels de leurs clients quittent le pays constamment, automatiquement, comme partie normale des opérations. Rien de spectaculaire — simplement à travers les outils de tous les jours que tout le monde utilise.
Votre courriel est sur des serveurs de Google ou de Microsoft. Votre CRM est américain. Votre service de soutien, votre analytique, votre stockage de fichiers, vos outils d'IA — la grande majorité des SaaS grand public traitent les données aux États-Unis. Chacun d'eux est un transfert transfrontalier de renseignements personnels, et le droit canadien de la vie privée a des attentes à ce sujet.
Ce que la LPRPDE exige réellement
La LPRPDE n'interdit pas les transferts transfrontaliers — le Canada est une nation commerçante et ce serait absurde. Ce qu'elle exige, c'est la responsabilité. Lorsque vous transférez des renseignements personnels à un tiers à des fins de traitement, y compris à l'étranger, vous en demeurez responsable. On attend de vous que vous utilisiez des moyens contractuels ou autres pour vous assurer qu'ils bénéficient d'un niveau de protection comparable là où ils vont.
On attend aussi de vous que vous soyez transparent à ce sujet. Si vos données sont traitées ou stockées hors du Canada, les personnes devraient pouvoir l'apprendre — et comprendre que des gouvernements étrangers peuvent, dans certaines circonstances, y avoir accès en vertu des lois de ce pays.
Ce dernier point porte un nom dont les gens sont de plus en plus conscients : le CLOUD Act américain, qui peut contraindre des entreprises américaines à divulguer des données qu'elles détiennent, même lorsqu'elles sont stockées hors des États-Unis ou appartiennent à des non-Américains. Cela ne rend pas illégale l'utilisation d'outils américains — mais c'est un risque que l'on s'attend à ce que vous ayez considéré, et non rencontré par inadvertance.
Ce qu'ajoute la Loi 25
Si vous traitez les données de résidents du Québec, la barre est plus haute. La Loi 25 du Québec vous oblige à réaliser une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée avant de transférer des renseignements personnels hors du Québec, en évaluant précisément si les renseignements bénéficieront d'une protection adéquate. Ce n'est pas une bonne pratique facultative — c'est une étape légale, et « nous utilisons AWS » n'est pas une évaluation complétée.
Ce que vous êtes réellement censé faire
Vous n'avez pas besoin de rapatrier tout votre parc d'outils vers des serveurs canadiens demain. Vous devez pouvoir démontrer que vous y avez réfléchi :
- Connaissez vos transferts. Cartographiez quels outils traitent des renseignements personnels hors du Canada — la plupart des entreprises ne les ont jamais énumérés.
- Évaluez le risque. Pour chaque transfert significatif, considérez la sensibilité des données, les protections de la destination et l'exposition en vertu de lois comme le CLOUD Act.
- Mettez des protections en place. Des ententes de traitement des données avec des mesures de sécurité appropriées; pour les données sensibles, envisagez des outils offrant une résidence des données au Canada.
- Soyez transparent. Dites aux gens, dans votre politique de confidentialité, que les données peuvent être traitées hors du Canada.
- Documentez-le. Surtout pour le Québec, l'évaluation doit exister sur papier.
La réduction de risque la plus simple
Il existe aussi une manœuvre plus directe pour vos flux les plus sensibles : ne pas envoyer les données identifiables de l'autre côté de la frontière en premier lieu. Là où les renseignements personnels peuvent être anonymisés ou conservés sur une infrastructure canadienne, le problème transfrontalier rétrécit parce qu'il y a moins de données identifiables qui partent au départ.
Valdra cartographie vos transferts transfrontaliers, signale l'exposition au CLOUD Act et réalise les évaluations des facteurs relatifs à la vie privée pour les transferts qu'exige la Loi 25 — transformant « nos données sont probablement correctes » en une position documentée que vous pouvez défendre. Voyez où vont réellement vos données, et faites en sorte que l'évaluation existe avant qu'un organisme de réglementation ne la demande.
La conformité IA et vie privée, simplifiée.
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